« En cette période estivale, L’Œil Sourd, collectif de renom aux multiples ressources et divers attributs vous propose ce cybercarnet. Véritable outil de propagande contemporaine, le blog est effectivement un moyen des plus sûrs pour parvenir à nouer un semblant de contact avec une audience peu regardante. Toujours est-il, L’Œil Sourd, habituellement voué à l’édition discographique, aux représentations auditives, s’adonne à la composition de ce journal de bord promis à une rapide autodestruction (ou presque). »

mercredi 10 août 2011

>>> L’Impénétrable Vie Sexuelle de Bobby Boobs [n°2]

De son grand plongeon dans les affres d’une accablante sexualité, Bobby n’avait que quelques vagues souvenirs : madeleines de Proust de formes phalliques, réminiscences d’orgies lointaines, subtiles odeurs d’orifices divers. À vrai dire, Bobby Boobs était dorénavant la coqueluche du quartier ; ceci dans les deux sens du terme : une maladie contagieuse pour les uns, un véritable héros salvateur du pubis pour les mêmes. Son atout principal étant la puissance de sa croupe mêlée à un toucher buccal peu commun. En outre, il avait toujours bénéficié d’une endurance favorable à l’exécution des pudiques fantasmes d’autrui.

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Parvenu à l’âge ingrat, le physique de BB – pratique diminutif – se dégrada subitement : noirs pustules et crémeux furoncles envahirent l’intégralité de sa surface organique. Malgré tout, une florissante moustache émergeait de la boutonneuse forêt telle un plumeau stalinien. Côté charme, elle constituait un subtil atout de séduction qui émoustillait assez aisément les membres de l'autre sexe. Il faut dire qu’à ce jeune âge, la plupart sont prêtes à offrir parents et fratrie le temps d’une levrette rondement menée. Un savant mélange hormonale les contraignant à détendre leurs organismes face aux avancées guerrières des opposés barbares aux puissantes giclées blanchâtres.

Toujours est-il, la découverte de l’onanisme fut pour BB une étape décisive. Il passa bientôt des soirées entières à mettre au point de divines palpations qui le menèrent à préférer l’acte solitaire aux parties groupées des fêtes d’anniversaire. A l’époque, lorsqu’on le questionnait sur ses préférences quant aux formes des appareils reproducteurs, il exposait une étonnante théorie tout à fait sage : « Le seul bienfait réside dans l’Amour, mais celui que l’on se fait à soi-même. Mâle ou femelle, quelle importance ? L’autre ignore l’autre. » Bien que très sûr des concepts avancés, il fut vite mené à la révision de cet hâtif jugement. En voici les principales raisons :

En rencontrant Natasha à la sortie du lycée, place de Clichy, il ne comprit pas tout de suite l’ élan dévastateur qui le menait à faire de ce travesti de 33 ans sa nouvelle obsession, la cause de ses insomnies, la raison qu’il donnait au seigneur de l’avoir mis ici-bas. Natasha était caissière le jour, la nuit étant son véritable terrain de jeu. Une rencontre entre chien et loup, en plein hiver, à l’heure à laquelle BB se précipitait d'habitude vers le domicile parental pour s'astiquer une énième fois, plus tranquillement qu’aux toilettes publiques où l’écart entre la porte et le plafond était fort conséquent – comme volontaire, pour empêcher le volume sonore d’une activité masturbatoire passionnée !
Natasha n’était pas n’importe quel vulgaire travelo parisien, un accident de la route sur le périphérique intérieur avait quelque peu troublé sa morphologie de base. Bras et jambes n’étaient plus que bouts de moignons tentaculaires, affutés par le taxi fautif qui coûta la vie à pas moins de 3 passagers. La conductrice du Twingo, unique survivante du meurtrier impact, s’en remit au plaisir des sens dont elle fit son cheval de bataille après cette terrible épreuve. Seulement, à la vue de notre « BB national », bien des années plus tard, c’est un coup de foudre sentimental qui devait bouleverser cet être pourtant expérimenté. Comme souvent, dès le premier regard tout était fait.

Sans perdre une seconde, ils s’entrelacèrent, s’étreignirent vivement à même la chaussée. Le futur bachelier et son infirme en tutu formaient un couple de toujours pour le passant non averti. Une relation déjà si forte, transcendante pour les deux partis ne formant plus qu’un ! Ce qui leur paraissait vain d’avance, et même peu recommandé, prenait une toute autre tournure. Bien entendu, la copulation atteignait un niveau maximum en terme de fluides colorés, de potions corporelles au suave débit, de mordillage mammaire jusqu’au sang. Les différents miels qu’ils produisaient biologiquement finissaient par constituer leur seule nourriture quotidienne. « D’Amour et d’Eau Fraîche », s’amusaient-ils à commenter en chœur ! « Toutes les bonnes choses ont une fin », ont-ils fini par s’avouer.


 À SUIVRE...

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